Dans le cadre de son exposition temporaire “Héroïnes oubliées – Les cantinières de l’Armée française”, le Musée de la guerre 1870 propose une conférence intitulée “Les cantinières, mythes ou réalités ?” animée par La Sabretache, Société d’études d’histoire militaire.
Les cantinières, ces héroïnes oubliées
Les cantinières de l’Armée française accompagnaient les régiments sur les routes des campagnes militaires. Elles étaient notamment chargées de fournir nourriture et alcool aux soldats, mais pouvaient également prendre part aux combats et porter secours aux blessés sur les champs de bataille. Bien qu’elles connurent leur âge d’or sous le Second Empire et furent admirées par toute la société pour leur courage et leur dévouement sans faille, leur déclin s’amorça à la fin du XIXe siècle avec les grandes réformes militaires.
Héroïnes méconnues en raison de la rareté des sources administratives et des témoignages écrits à leur sujet, les cantinières de l’Armée française font l’objet de nombreux mythes. Les récits de leurs exploits ont pu être altérés, leurs représentations dans les arts populaires, tantôt grivoises tantôt romantiques, se sont éloignées de la dangereuse réalité de leur vie en campagne… Guillaume Bretegnier, Pierre-Baptiste Guillemot et Louis Delpérier, respectivement Président et membres de La Sabretache, et Pauline Azevedo, responsable du Musée de la guerre 1870, éclaireront les zones d’ombre qui entourent les véritables destins des cantinières.
À propos de La Sabretache
La Sabretache est née en 1893 et rassemblait alors un petit groupe de passionnés d’histoire militaire, peintres (dont Édouard Detaille), officiers et collectionneurs, qui ont impulsé la création d’un musée de l’Armée à Paris (ce musée naîtra en 1896 et fusionnera avec le musée de l’Artillerie en 1905 pour donner lieu à l’actuel musée de l’Armée à l’Hôtel national des Invalides). La Sabretache est aujourd’hui la plus ancienne Société d’études d’histoire militaire : elle a pour vocation de préserver et transmettre la mémoire des Armées françaises, notamment par le biais de l’uniformologie, de la vexillologie et des figurines historiques. Elle publie chaque année “Les Carnets de La Sabretache” qui portent sur diverses thématiques de l’histoire militaire. En 2024, des membres de La Sabretache ont contribué à l’exposition “Héroïnes oubliées – Les cantinières de l’Armée française” du Musée de la guerre 1870 en prêtant tableaux, aquarelles, gravures, figurine en bois et pièces d’uniformes ; La Sabretache a aussi consacré un “Carnet” aux cantinières qui présente leurs rôles, leurs uniformes et leur quotidien. Ce “Carnet” est en vente à la boutique du Musée de la guerre 1870.
Présentation de la tenue des Invalides
Cette conférence sera également l’occasion de présenter la tenue d’une cantinière de la Garde Impériale, prêtée exceptionnellement par le musée de l’Armée – Hôtel National des Invalides (Paris) au Musée de la guerre 1870 pour l’année 2025 . La tenue est composée :
- d’un chapeau appartenant à Madame Roch, dont l’identité précise et le parcours restent inconnus.
- d’une veste appartenant à Madame Adélaïde Favrolle (1839-1913), cantinière de l’Armée française pendant 41 ans (dont 14 ans au service du 1er Régiment des Voltigeurs de la Garde Impériale), décorée de la médaille militaire en 1889 en souvenir de sa participation à la campagne de Metz durant la guerre de 1870.
Les uniformes complets de cantinières étant extrêmement rares, chaque pièce conservée constitue un témoignage précieux de leur engagement militaire et ravive la mémoire de ces héroïnes oubliées.
Créé en 1905, le musée de l’Armée – Hôtel National des Invalides (Paris) abrite aujourd’hui près de 500 000 œuvres couvrant l’histoire militaire sur une période chronologique allant de la Préhistoire à nos jours, ce qui en fait un musée de référence en Europe et dans le monde. L’établissement est aussi le gardien du tombeau de l’empereur Napoléon Ier et affectataire de la cathédrale Saint-Louis des Invalides. En 2024, il a accueilli 1 306 563 visiteurs. Dans une optique de valorisation de ses collections, il consent à des prêts et dépôts chaque année à des musées en France et à l’étranger.
Localisation :
Place du 2 Decembre 1870 28140 Loigny-la-Bataille